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Réflexion sur la domination

Quand les lobbies font pression avec succès sur les politiques, quand les médias dépendent d’un petit groupe de sociétés, quand les politiques font des affaires avec les lobbies, quand les lobbies font des affaires avec les médias qui eux-mêmes font des courbettes aux politiques… Bon, on commence à comprendre le fonctionnement général de ces réseaux d’intérêts mafieux et, malgré une indignation relative,  tout le monde s’en fout et retourne vaquer à ses occupations de domestiqué. Un scandale chasse un autre scandale, une info anéantie l’autre et le travailleur travaille, consomme et évite de trop réfléchir en accumulant les distractions. Il y a plusieurs siècles, Étienne de La Boétie nous expliquait déjà les rouages de la servitude volontaire et depuis la fin du siècle dernier, Noam Chomsky met en évidence les mécanismes de la propagande du couple pouvoirs/médias. Dernièrement, les mouvements « Occupy Wall Street », celui des « Indignés » ou encore « Nuit debout » ont montrés qu’il est encore possible de résister – même si s’organiser et perdurer parait plus compliqué. Alors, pourquoi tant d’oisiveté de la part de la masse ? Pourquoi le mirage électoral continu de fonctionner et pourquoi le peuple continu à mettre son destin entre les mains de l’oligarchie ? Pourquoi il râle à longueur de journée en étant si peu engagé socialement. Pourquoi ?

Le rapport entre dominants (pouvoirs/médias) et dominés (peuple) est essentiel pour comprendre :

– Le dominant entretien la peur, première cause de l’inertie : le dominé accepte en silence par crainte d’un avenir incertain.
– Le dominant prône l’individualisme comme religion absolue : le dominé cède au culte de la personne, de la compétition, de la loi du plus fort et privilégie la préservation de son écosystème.
– Le dominant prône le capitalisme roi : le dominé ne conçoit la réussite sociale qu’à travers le prisme de la possession matérialiste.
– Le dominant entretien la fainéantise intellectuelle : le dominé ne pense plus par lui-même et réserve son intellect au spectacle offert par le dominant.
– Le dominant maitrise la temporalité : le dominé oscille entre travail, vie de famille et spectacle ce qui lui laisse peu de temps pour d’autres perspectives.

Au fur et à mesure que progresse la domination, notre capacité de réflexion, d’analyse et d’engagement dans la société régresse, entraînant un effondrement de notre pouvoir de décision, de nos libertés et de notre vie privé. Les chances d’initier un débat critique et de se réapproprier notre destin individuel et collectif s’amenuisent et notre avenir évolue vers la soumission totale.