La forme superficielle – 24 mars 2019

La forme superficielle

Ce que nous vivons, c’est l’abandon de toutes nos capacités à penser par nous-même. Ainsi, la forme superficielle s’est-elle imposée tranquillement aux dépens du fond, par complaisance, fainéantise et oisiveté intellectuelle. Ce phénomène d’asservissement cérébrale – semblable dans le fonctionnement à la régurgitation physiologique animale, nourrit quotidiennement l’homme moderne et connecté d’éructations volontaires et addictives, sournoisement offertes par l’empire algorithmique à qui il a prêté allégeance. Ce mirage contagieux vampirise les cervelles molles par saturation intrusive de divertissements, d’informations et autres publicités. On assiste alors à la variolisation de la population mondiale par l’hyperréalité à coup de pouces levés ou de cœurs crevés. Les stratèges numériques ont remplacé les manipulations d’antan par la réalité pixelisée.