bruno leyval


artiste et poète conceptuel


L’agent orange

Empêtré dans des racines maladroites,
Creusant des galeries pour atteindre les tombes
Là où s’enterrent les rois déchus — je n’en suis que peu fier,
Une arme absolue.

On ne comprend guère que tous les errants soient de sortie,
occupés à la guerre et aux autres folies —
orange pressée,
binaire.

Ce sont ces grands hommes presque mourants
dont nous hériterons la misère,
quand leurs corps vieux et pourrissants
auront tout contaminé — jusqu'à la terre.

Les bombardements ont repris là-bas,
de l'autre côté de la mer —
là où le soleil s'abat sur les minarets,
là où le béton s'enroule sur les corps,
là où les drones percutent les prières,
— ils nous offrent un spectacle spectaculaire.

Du nord au sud de l’Europe les gens disent entendre des explosions
plus ou moins si lointaines —
et dans une trajectoire tombante, ils murissent l’espoir que la chute féconde atteindra sa cible
sur le trottoir d’en face, dans le jardin d’un voisin.



4 mars 2026