Le fond de sa pensée – 14 mai 2019

“Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”.
– Voltaire

Sur l’oiseau bleu, pour le courageux qui assume en son nom, les conséquences d’une simple opinion sont souvent terribles : les sujets fâchent et les tweets s’emportent, la meute s’agrandit et écrase toute discussion, tout débat, au profit de l’intolérance, de la haine et des menaces. Une génération de délation voit le jour, portée par de braves petits soldats – soumis au diktat de la bien pensante – qui s’évertuent jusqu’à outrance à signaler le moindre mot qui diffère de leur vision totalitaire. Le courageux finit par freiner ses audaces et aseptise son discours futur ou, il jette l’éponge et s’enfonce dans le silence.

Alors qu’il n’a jamais été aussi facile de diffuser son opinion, il me paraît bien difficile de nos jours d’exprimer le fond de sa pensée. La liberté d’expression n’est plus qu’un concept bien cloisonné, encadré par une ribambelle de lois qui poussent comme des champignons après la pluie. Sous couvert de protection, ces lois liberticides façonnent peu à peu une pensée qui se doit d’être unique, en phase avec l’idéologie dominante.

« La bêtise, l’infamie, la pensée ignoble sont les sanies d’une sensibilité blessée. Les empêcher de s’écouler, c’est envenimer la blessure au lieu d’en diagnostiquer les causes afin d’y porter remède. »
– Raoul Vaneigem