Un vide à combler27 avril 2019

Une sensation étrange, un vide à combler. Une feuille blanche peut vite se révéler un obstacle pour celui qui désire absolument la griffonner. Le papier à tendance à résister, à vouloir garder sa pureté. Pourtant c’est un instant précieux, terriblement angoissant mais précieux. Du vide quelque chose va naître. C’est le pouvoir de l’artiste/écrivain que de créer. Jour après jour sous sa plume, un univers émerge de son esprit. Un instantané intérieur qui constitue un journal intime voué à être partagé. Qui d’autre a le privilège de pouvoir visionner ses pensées passées à volonté ?

Là où le peintre laisse des images de surfaces qui retranscrivent son message et ses émotions, l’écrivain nous permet de pénétrer au cœur de son esprit, avec une palette bien plus profonde en substance.

Plus les années passent et plus l’image ne me suffit plus. Elle me limite et m’emprisonne, me délimite et m’empoisonne. L’image se dilue et se consomme peu à peu, laissant place aux mots et à leurs combinaisons infinies.

Là où l’image impose une vision, le texte la provoque.


La forme superficielle24 mars 2019

Ce que nous vivons, c’est l’abandon de toutes nos capacités à penser par nous-même. Ainsi, la forme superficielle s’est-elle imposée tranquillement aux dépens du fond, par complaisance, fainéantise et oisiveté intellectuelle. Ce phénomène d’asservissement cérébrale – semblable dans le fonctionnement à la régurgitation physiologique animale, nourrit quotidiennement l’homme moderne et connecté d’éructations volontaires et addictives, sournoisement offertes par l’empire algorithmique à qui il a prêté allégeance. Ce mirage contagieux vampirise les cervelles molles par saturation intrusive de divertissements, d’informations et autres publicités. On assiste alors à la variolisation de la population mondiale par l’hyperréalité à coup de pouces levés ou de cœurs crevés. Les stratèges numériques ont remplacé les manipulations d’antan par la réalité pixelisée.