BRUNO LEYVAL


Pétrole

Orange, l’agent qui suinte comme un porc devant des caméras fébriles,
le nez luisant malgré la poudre — la décomposition apparente.

Un déversoir d’obscénité guerrière jusqu’à l’abrutissement,
jusqu’à ce que le langage lui-même s’effondre,
et on sonne le clairon la fleur au fusil dans une hypnose collective,
grotesque et tragique.

Des morceaux de corps qui dépassent d’un trou — beaucoup,
et autour déjà, ce balai d’objectifs obscènes,
de ventres gras et de discours plateaux mécaniques,
qui ne laisse aucune échappatoire.

et c’est maintenant ou jamais, disent-ils,
toujours maintenant ou jamais — lobotomie interchangeable.

Le baril s’enflamme sur le charnier.

On rase les villes comme on respire — images 3D du feu qui hurle des civils,
et le bruit des bottes qui frappent à nouveau le pavé,
et les livres qui gênent — torchent le cul de l’extrême.

— les rats plaisantent en slaloment entre les corps épuisés,
heureux de l’offrande annoncée.

Les prédateurs à la chair pourrissante,
leurs dents molles dans la viande du jour,
leurs doigts fast-food qui fouillent demain,
comme une poche déjà trouée.

Ils mastiquent l'avenir,
et recrachent des promesses gonflées par les vers,
et dans la continuité gluante,
ils préparent leur décomposition en pourrissant le futur.

— 17 avril 2026