Un langage personnel

Du tâtonnement au doute, état de profonde solitude face au vide. Il faut savoir s’éparpiller pour mieux se recentrer. La construction d’une œuvre est comparable à une plante protéiforme à plusieurs ramifications. Quelques traits hésitants comme un accident puis, mentalement se forme un vague cheminement. Heureux celui qui se contente d’une formule plaisante, éternellement répétée, qui le met à l’abri de toute tempête cérébrale. Il déroule simplement à l’infini un concept qui un temps, a fait de lui un artiste dans le vent. Les tableaux s’enchaînent et se ressemblent comme les sourires qui se figent sur les visages de ses fidèles clients. Pourquoi se torturer, donnons leurs simplement à manger.

La création d’un langage personnel, identifiable à souhait, devient la pierre angulaire d’un désir d’histoire. Rare est celui qui bifurque en plein vol. Rare est celui qui assassine son médium. Rare est celui qui ose la métamorphose. Il faut tenter l’entrée du labyrinthe et se perdre mille fois pour trouver son chemin. J’aime l’idée d’effacer les automatismes du confort et de rayer les certitudes moelleuses pour engranger une renaissance avec comme tout bagage, le maigre patrimoine qu’est l’essence.

L’essence, cette lueur enfouie au fond de l’être qui vous pousse chaque matin vers des contrées lointaines, de nouveaux paysages mystiques peuplés de chimères argentées. La fulgurance d’un trait jeté sur le papier qui, comme une première goutte de sang, vous entraîne vers l’inconnu – parfois le chaos, mais qui est tellement plus enrichissant que la douleur confortable de la stabilité du quotidien. À fleur de peau, dans une transe à demi maîtrisée, s’ouvre alors devant les globes mous bien écarquillés, un univers intérieur ou tourbillonnent les trois règnes dans une danse synchronisée.

brunoleyval

Une réflexion sur « Un langage personnel »

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