BRUNO LEYVAL

 

ad vacuum

13.08.2026

L’ombre avance et grignote le disque avec une précision chirurgicale. Une brûlure nette, sans bavure, sans hésitation. Une foule regarde le ciel, lunettes rivées sur le nez — image situationniste culte —, en admiration lobotomisée, eux, tous, comme l’on regarde l’arrivée du sauveur. L’éclipse réveille les cultes anciens : l’adoration de ce qui nous échappe, de ce qui relève du domaine de l’invisible. L’heure est aux offrandes et aux sacrifices. Je ne pratique plus de rituels animistes — la complainte des survivants intégrée. Alors oui, on peut abandonner les dieux sans abandonner nécessairement le besoin de sacré. Ô ciel et ô étoile, charabia, etc. Dans l’obscurité, dans le jardin des ménages, la folie accompagne l’astre solaire, car lorsque le soleil disparaît, nous levons tous les yeux vers le ciel.

journal — @brunoleyval