21.09.2026
Je ne sais pas exactement quand le chemin a commencé. Avec l’art, ou avant. J’ai commencé à créer parce que je ne savais pas quoi faire de ce qui vivait en moi. Les images sont venues avant les mots. Je créais pour comprendre, traverser, guérir peut-être. Puis, un jour, je n’ai plus su pourquoi je créais. J’aurais pu continuer, faire d’autres images, chercher d’autres formes, mais la nécessité avait disparu. Alors, j'ai arrêté. Je me suis tourné vers ce qui, depuis longtemps, se tenait derrière mon travail : la spiritualité.
Vānaprastha. Dans la tradition hindoue, il désigne un temps du chemin où l’on commence à se retirer des rôles, des possessions et de ce qui a jusque-là structuré l’existence. Le mot évoque le départ vers la forêt, non pour fuir le monde, mais pour changer sa manière de l’habiter. La forêt peut être un lieu extérieur, mais aussi un espace intérieur où l’on entre lorsque l’on comprend que tout ne peut être retenu. C’est ce que je traverse aujourd’hui.
Ce n’est pas l’abandon du monde, mais un retrait du centre. Laisser moins de place à l’ambition, à l’accumulation, à l’identité que l’on s’est construite, et regarder ce qui demeure. Je ne sais pas si j’ai abandonné l’art. Peut-être l’ai-je simplement suivi jusqu’à un endroit où il n’y avait plus rien à créer. Le geste est devenu plus simple : être présent à ce qui apparaît et à ce qui disparaît.
Je ne sais pas où ce chemin mène. Je n’ai plus besoin de le savoir. Se détourner de l’accumulation pour se tourner vers l’essentiel. Je ne sais pas encore ce que cet essentiel signifie. Je sais seulement que j’ai moins envie de posséder et davantage envie de contempler, moins envie de laisser une trace que de devenir disponible à ce qui est déjà là.
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